Morceau de vie, envie, partage , humeur , pensée, tout et rien...
Le mot claque et colle parfaitement à la peau de ce vicieux parasite. Aussi comprend-on aisément qu'aient échoué les tentatives visant à le remplacer pompeusement en français par pourriel, pollupostage, mailing sauvage ou polluriel.
Curieusement, le terme spam n'appartient absolument pas au jargon informatique qui se plaît à submerger le profane de mots techniques tous plus complexes les uns que les autres.
En fait, Spam est une marque de jambon épicé (spiced ham) vendu en boîte de conserve depuis 1937 par une société créée en 1891 à Austin (Minnesota) par George Hormel.
En 1936, son fils Jay cherche à écouler plusieurs tonnes d'épaule de porc. De surcroît, face à une concurrence active, il veut redynamiser l'entreprise familiale. Jay a alors l'idée de cette recette de jambon épicé vendu en boîte de conserve.
Mais il veut un nom cinglant, drôle et facile à retenir. L'acteur Kenneth Daigneau, frère du vice-président d'Hormel, suggère Spam lors d'un cocktail donné à l'occasion de la nouvelle année. Jay adopte aussitôt ce mot construit avec les deux premières lettres de spiced (épicé) et les deux dernières de ham (jambon).
Des millions de boîtes de Spam vont nourrir les troupes alliées pendant la Seconde Guerre mondiale. Et ce jambon épicé deviendra un véritable produit emblématique outre-Atlantique.

En 1940, 70% des Américains avouent avoir mangé du Spam. Et en ce début de XXIe siècle, les boites de jambon épicé continuent de se vendre comme des petits pains.
Il existe désormais du Spam allégé ou sans sel. Ainsi que du Spam à la dinde grillée au four! Bref, le marketing bat son plein. Non sans humour.
En 1970, la publicité pour les boîtes de Spam devient quelque peu envahissante. L'indigestion guette !
La troupe des Monty Python, alors au sommet de son art, saisit l'occasion. Les comiques s'emparent de cette frénésie "spamique" qui semble fasciner les ménagères de moins de 50 ans pour mettre en scène le spiced ham dans un sketch désopilant.
L'intrigue se déroule dans un restaurant. Les dialogues enflent sur le rythme obsédant des spam, spam, spam ! Des clients se mettent alors à chanter à tue-tête en scandant de plus en plus fort la marque de conserve au point que leur voix couvre toutes les conversations.